Le musée de la Chemiserie

Le musée de la Chemiserie

et de l’élégance masculine à Argenton-sur-Creuse

Cet été, sur le chemin des vacances, nous nous sommes arrêtés par hasard à Argenton-sur-Creuse. Un très joli musée de l’industrie d’un savoir-faire français nous y attendait, dominant la Creuse, le Musée de la Chemiserie et de l’élégance masculine. Mais quelle belle histoire que celle de ce vêtement masculin. Tout d’abord caché et porté en dessous au Moyen Âge, le « chainse » est une chemise de lin ou de chanvre qui se porte sans ornement. Petit à petit, on laisse apparaître le col et les poignets. Puis le col devient de plus en plus travaillé, agrémenté de dentelles, de plus en plus large, tombant puis rigide, amidonné, jusqu’à devenir, avec l’ère industrielle du début du XIXème siècle, la chemise contemporaine, une pièce incontournable du vestiaire masculin. Signe d’élégance sans doute, mais surtout un uniforme, qui, de tout temps, a révélé et réglementé le statut social, le métier et le rang hiérarchique. De la chemise du paysan, à celle de l’ouvrier, déjà bleue, en passant par celle du banquier et de l’acteur fringuant… un espace sous vitre nous montre la chemise à travers le temps et nous raconte une époque.

Il y a 160 ans, en 1860, Charles Brillaud ouvrait à Argenton-sur-Creuse le premier atelier de lingerie mécanique. Il y introduit la première machine à coudre, la « Goodwin  » à deux fils. Il est suivi très rapidement par d’autres confectionneurs, et la ville devient un haut lieu de la chemiserie. Plus de 400 femmes, les « chemisières » travaillent alors dans les ateliers de la ville, jusqu’à devenir plus de 3000 à l’âge d’or de la chemiserie à l’entre deux guerre. Les chemises Christian Dior, Pierre Cardin, Lordson, Alain Figaret, Pierre Clarence ont été, pendant plusieurs décennies, réalisées dans les ateliers argentonnais, faisant de cette petite ville « la Cité de la chemise ».

L’histoire sera de courte durée. En à peine 20 ans, tous les ateliers fermeront un à un au profit de la délocalisation. En 1980, germe l’idée d’un musée de la chemiserie pour mettre en valeur ce patrimoine. D’anciens professionnels de la confection créent une association et le musée voit le jour en 1989, en lieu et place du premier atelier de Charles Brillaud. Il est aujourd’hui labellisé « Musée de France ». Un atelier a été reconstitué pour nous montrer le travail de cette industrie alors florissante. On y redécouvre les premières machines à coudre (1860-90) véritables pièces de collection, les premières Singer, des outils créés tout spécialement pour cette industrie comme le retourne-col, les machines industrielles, les essoreuses à bras, l’étape du « visitage » aujourd’hui appelé le contrôle qualité, et celles pour finir du pliage et de l’emballage. Les patrons étaient à l’époque en bois très fin, et certaines pièces toutes petites, comme des parties du col ou du poignet, étaient découpées à l’aide d’emporte-pièce en métal. A chaque action sa machine, jusqu’au détails de la boutonnière et de la pose du bouton.

Avant de partir, n’oubliez pas de regarder le documentaire tourné avec les dernières générations de couturières des ateliers d’Argenton-sur-Creuse, qui décrivent la vie à l’atelier, les premières vacances organisées par le patron, la vie en communauté, et qui partagent leurs documentations de l’époque. Photos, extraits de films et interviews se mélangent pour retracer l’histoire de ces ateliers français malheureusement disparus au profit de la fabrication à la chaine dans des pays lointains.

Les patrons

La coupe

Les machines à coudre

L’atelier

Les machines spéciales Chemiserie

Informations et liens

Le Musée de la Chemiserie et de l’élégance masculine

Rue Charles Brillaud
36200 ARGENTON-SUR-CREUSE

Tél : 02 54 24 34 69
Email : contact@museedelachemiserie.fr

museedelachemiserie.fr